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Together, we will live forever...

9 juillet 2008 15:16 | Seule | 1 commentaire

 

Des vieilles mémés parlent, comme toujours, de choses futiles, la météo étant le sujet le plus récurrent, pour ne pas dire, leur unique sujet de conversation. Dehors il pleut, "oui ma pauvre madame, c'est malheureux, et pourtant on est en juillet! Ah c'est triste, on ne peut même pas se promener!" Mais bon, mettez-leur un bon 35°C, et là ça sera "oh c'est malheureux il fait trop chaud je ne peux pas bouger de chez moi!". Pauvres vieilles. Le jour où je ressemble à ça, qu'on me tue.

Clope noire au bec, oui, des Black Devil, j'observe ce petit monde qui ose pointer le bout de son nez par ce temps, attendant tranquillement le bus, pour rentrer chez moi, pour me débarrasser enfin de ce masque d'invulnérabilité. Tandis que les gouttes de pluie s'écrasent sur le sol, dans un clapotis recouvert par le bruit de la ville, je pense qu'à l'intérieur aussi, il pleut. L'intérieur de quoi? De mon âme, bon dieu. De mon coeur, de mon corps. Il pleut et je pleure, seulement à l'intérieur. Comme dans un acte de solidarité, le ciel déverse ses larmes alors que je retiens les miennes à grand peine.

Alors je finis par me concentrer sur cette cigarette, ce poison que j'inspire, cette fumée qui envahit mes poumons, et qui dans une lente expiration va se déverser dans l'air ambiant. Dire que ce geste anodin me tue à petits feux... Je compte pas vivre deux siècles, alors je savoure ce risque que je prends consciemment. Ce n'est pas comme si j'allais crever dans l'instant d'après...

A peine le temps de dire ouf, la cigarette est déjà consumée jusqu'au filtre. Hop, jetée par terre, c'est d'un geste désinvolte que je l'écrase, comme si je me vengeais de l'effet nocif qu'elle a produit sur ma santé, "tiens, prends-ça, saloperie de clope! Et que je ne t'y reprenne plus!"

Le bus arrive. Au moins, dans cette parodie de scène violente, j'aurais pensé à autre chose... Je m'assieds, observant les petites goutelettes défilant sur le carreau. Je replonge. Passant devant des endroits où nous nous tenions, tous les deux, les mains, en amoureux... Un frisson parcourt mon corps en repensant à cet horrible cauchemar, et je ravale un sanglot. "Non, Eau, tu ne t'aventureras pas au delà de mes yeux, au moins jusqu'à la maison."

Finalement, je ne résiste pas, et je regarde mon portable. 14h03. Toujours pas de message. Moi non plus, me direz-vous, je ne lui en ai pas envoyé. Mais je veux que le premier message vienne de lui, par rapport à ce cauchemar... C'est débile, mais c'est comme ça.

D'un pas lent et dépourvu de motivation, je rejoins mon chez-moi, vide, encore plus depuis qu'il est parti... Le seuil à peine franchi, les larmes finalement partent à l'aventure sur mes joues, tandis que j'essaie vainement de croire qu'il est là. Non, je n'entends pas "Mad World", il n'est pas sur le piano. Je monte, peut-être dans la salle de bain? Je vois le pot des brosses à dent. Il n'y en a qu'une seule, la mienne. La chambre où l'on dormait, peut-être se repose-t-il? Le lit est parfaitement fait, sa valise n'est plus là. L'ordinateur, dans l'autre chambre? Je n'entends pas le bruit de la ventilation, il est éteint. Je m'approche de la porte, espérant qu'il se repose plutôt dans un de ces lits trop petits pour lui. Le lit que j'ai remis en état ce matin, dessus, il semble y avoir une petite masse sombre... Ce n'est que son pull, que j'avais disposé un peu comme si j'avais habillé son fantôme.

Alors, à genoux, je me rends compte que non, il n'est plus là.

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C'est la vie.

13 mai 2008 00:16 | Changeante | 0 commentaire

 

En fait, l'écart qui s'est creusé entre elle est moi est bien plus grand que je ne l'imaginais, que je le redoutais. Je ne sais plus rien sur sa vie, elle ne sait plus rien non plus de la mienne. Je ne sais pas de quoi lui parler, elle non plus. On aurait pourtant un nombre incalculable de choses à se dire, mais le fossé est trop grand entre nous. Je ne sens plus ce lien qui nous unissait avant.

J'ai essayé de lui écrire une lettre. Je n'avais rien à lui dire, que des choses futiles et débiles. Dis-moi, à combien de temps remonte notre dernière journée ensemble, toutes les deux? Où est passée l'époque où on se voyait tous les jours, et que le week-end ou pendant les vacances, on se voyait encore en prétextant des devoirs en latin, sur lesquels on bossait 2h, et le reste du temps on se racontait nos vies...

Je ne peux pas lui dire ça, parce qu'elle est heureuse. C'est parce que je ne fais plus partie de sa vie qu'elle est heureuse? Il faut que j'arrête de croire que le monde tourne autour de mon nombril. Mais je suis là pour elle, sauf qu'elle ne le voit pas. C'est qu'elle n'a pas besoin de moi, c'est tout, je dois m'y faire. En même temps faut être tordue pour souhaiter qu'on soit dépendant de moi, je sais. Mais ce n'est pas ça. Je voudrais juste une petite place dans sa vie, mais je n'en ai plus.

C'est pas grave, ça va passer.

Elle aussi, essaie de se voiler la face... Elle envoie des messages, pour sauver les apparences... Elle m'appelle un peu, pour faire comme si de rien n'était... Mais au final, c'est du vent, hein? De la pitié? "pauvre fille, elle doit être toute seule maintenant..." Dis-moi la vérité, tu m'as juste utilisée, comme les autres...?

J'espère juste que je suis parano.

J'en ai marre, d'avoir peur de tout et de n'importe quoi.

J'en ai marre, d'avoir ces crises sans savoir pourquoi.

Je suis donc si faible...? Tout ça n'a servi à rien?

Il faut croire que oui.

J'aimerais tant... cesser de réfléchir... Juste un instant...

Certaines choses passent, d'autres non.

Pourquoi?